Transition écologique : loin d’être la priorité à Clermont-Ferrand

Le rapport d’étape de la ville en transition doit nous présenter ce que la ville fait en matière de transition énergétique et écologique. Evidemment, c’est une nouvelle fois une déception : l’urgence climatique n’est toujours pas la priorité de la municipalité de Clermont-Ferrand, qui ne sait avancer qu’en faisant des petits pas à grands coups de communication.

Lutte contre les ilôts de chaleurs : aucune stratégie

Les fortes chaleurs reviennent et 80 % de nos concitoyens considèrent subir les périodes de chaleur. Les clermontoises et clermontois cherchent toujours l’ombre et de la fraîcheur face à ce bitume qui les étouffe. Il n’y a rien de nouveau par rapport à l’an passé. Nous ne voyons aucun plan, aucune stratégie pour lutter contre les îlots de chaleur dans notre ville. Rien ne changera cet été malheureusement. La ville nous invitera à nous rendre dans des îlots de fraîcheur climatisés comme elle le fait dans sa communication.

On pourrait penser aux cours d’écoles végétalisées : elles sont fermées quand il y a les fortes chaleurs alors qu’elles pourraient être des lieux de refuge.

Les arbres et le comptage

Sur le site de la métropole, on nous annonce 200 arbres coupés dans le cadre d’InspiRe. Dans le rapport, on double avec 400 arbres coupés. En revanche, on nous promet 1500 nouveaux arbres. Par un coup de baguette magique dont Olivier Bianchi a le secret, on nous annonce que le nombre d’arbres va doubler grâce à InspiRe.

Ces chiffres concernent la métropole ! Cela fait 3 ans que nous demandons les chiffres pour Clermont-Ferrand. Comment se fait-il qu’à Aubière, Paris, Le Havre, Toulouse, Montpellier, on arrive à savoir le nombre d’arbres plantés par an et par habitant, alors qu’à Clermont-Ferrand, personne ne peut nous répondre ?

Transports : les abonnés paient la gratuité

En 2022, nous avons pu tester la gratuité des transports en commun le week-end sur l’année complète mais il n’y a aucun bilan de la part de la majorité municipale. Nous avons voté pour l’expérimentation et qui dit expérimentation, dit « observer » puis « valider » ou « invalider ». Ce que nous observons c’est que depuis la gratuité des transports en commun le week-end, il a été décidé d’une augmentation des tarifs d’abonnement : un pas en avant et deux pas en arrière. Les abonnés sont les grands perdants de cette demi-mesure. Ils prenaient déjà les transports en commun, par confort ou pour l’effort avant la gratuité le week-end, mais depuis la gratuité, ils payent encore plus. 

un budget participatif en difficulté

Concernant le budget participatif, il n’est pas question de nous opposer aux nouvelles méthodes de processus démocratiques mais justement d’en faire le bilan afin d’en tirer les enseignements et les conséquences.

Notre interrogation, elle est constante et cette année encore, les chiffres ne nous rassurent pas. Le nombre de propositions de projet s’effondre. Un petit rappel : 

  • Sur la première édition, il y avait 810 propositions, pour 78 recevables. 
  • Sur la deuxième édition, 408 propositions pour 58 recevables.
  • Sur la troisième édition, 243 propositions pour 34 recevables. 

Le pourcentage de projets recevables est plus important que les années précédentes mais comme le nombre de propositions chute, personne n’est surpris. Nous avons donc beaucoup moins de projets mais des projets certainement plus qualitatifs. Les clermontoises et les clermontois participent mieux mais beaucoup moins. 

Pour preuve, cette année à Clermont Nord, seulement 3 projets ont été retenus sur 3 possibles. On pourrait se demander à quoi a servi la phase de vote. La question est la suivante : La ville est-elle en capacité d’inverser la tendance sur le nombre de projets déposés et de garder un taux de recevabilité élevé ? 

Entre l’ergonomie du site, la création de compte, la confirmation de mail, la reconnexion, le vote… beaucoup se découragent dans le processus alors que la démarche pourrait être simplifiée. 

Maison des sports : la plus grande passoire thermique de la métropole

Dans l’ensemble, la gestion patrimoniale de la ville représente 50% des émissions de gaz à effet de serre. Parmi ce pourcentage se trouve la Maison des sports. Elle consomme à l’année autant que 726 foyers, soit  l’équivalent de la consommation de 1500 personnes dans leur domicile. Ce bâtiment consomme aussi autant que le complexe sportif des Cézeaux, la maison du peuple, le gymnase Thévenet, l’opéra et la mairie réunis.

Gouverner c’est choisir, alors faisons de ce bâtiment extrêmement énergivore une priorité ! C’est une véritable passoire thermique à laquelle nous devons nous attaquer. Depuis 2017, il en est fait mention dans le rapport, avec des termes comme “on s’engage”, “c’est à l’étude” etc.

Quand on sait que 70% des habitants estiment que l’économie d’énergie dans les bâtiments est un critère fort de la transition, après 10 ans de mandat, il serait peut-être temps d’être à l’écoute des habitants !

Crédit photo : Sanguinez

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